Un petit poème sur la traîte des noirs…
Assis nus au fond d’un négrier crasseux
Nous fredonnons ensemble les airs de notre lointaine enfance
Cherchant à nous bercer contre le malheur qu’on veut faire nôtre
Navire maudit, où nous emmènes-tu ?
Chaque mètre que tu parcours, nous arrache à jamais de la terre de nos ancêtres
Pour mieux nous convertir en eunuques d’un nouveau monde
Nous ne fumes pas aussi chanceux qu’Ulysse
Ton sol on n’a plus jamais foulé
De cette nouvelle existence, on fit nôtre
Oubliant notre fierté, on courba l’échine
Sur les plantations naquirent nos fils
Esclaves comme leurs pères
La liberté leur était refusée
Nés homme ils furent rabaissés au rang de choses par le maître
De nos comtes, ils ne veulent
De casser les chaines, ils rêvent
Dans un avenir incertain, ils espèrent recouvrer l’étiquette d’humain
La seule qui leur a toujours été niée
Au nom de cette nouvelle idéologie
Ils mirent l’île à feu et à sang
Etranglant sur leur passage tout ce qui restait de cette absurdité dans laquelle ils vivaient
Du bout de leurs épées ils frayèrent un chemin vers l’affranchissement de tout un peuple
L’Afrique n’est plus, Ayiti vient de naître
Du nègre d’afrique apparu l’homme haïtien
Fier et maître de sa destinée
Libre enfin !
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